Comme ça finit bien!
Canada Earns Two Golds, One Bronze

Vancouver (Sportcom) – Le Canada a gagné de brillante façon le relais masculin, la dernière épreuve disputée en patinage de vitesse courte piste aux Jeux olympiques de Vancouver. Cette médaille d’or s’ajoute à celles d’or et de bronze remportées par Charles Hamelin et François-Louis Tremblay un peu plus tôt en soirée au 500m.  Aux Jeux, l’équipe canadienne aura remporté un total de cinq médailles puisque les femmes ont gagné l’argent au relais et Marianne St-Gelais a fini deuxième au 500m

Opération Cobra : réussie

Les quatre patineurs canadiens en piste pour le relais, Charles et François Hamelin, Olivier Jean et François-Louis Tremblay avaient un plan bien précis lorsqu’ils ont abordé la finale aux côtés des Coréens, des Américains, des Français et des Chinois : rester bien placé jusqu’à la moitié de la course sans prendre les devants et attendre patiemment.  À mi-course, Olivier Jean effectue le dépassement, mais ce n’est pas là que les Canadiens ont surpris! C’est lorsqu’ils ont fait sauter un relais à Tremblay pour lui permettre de se reposer un peu et d’être au sommet de sa forme pour finir le relais. C’était l’Opération Cobra!

«La médaille d’or ça représente beaucoup de travail en équipe », a commencé par souligner Olivier Jean, de Lachenaie. «Ça fait des mois qu’on travaille cette stratégie à l’entraînement. Ça s’est déroulé extrêmement bien, comme dans un livre. On aurait pu écrire l’histoire de la course avant de la patiner. C’est de loin notre meilleur résultat en quatre ans et c’était exactement au bon moment. »

À un moment dans la course, alors que le Canada avait commencé à se forger une bonne avance, Charles Hamelin a perdu pied et il est presque tombé. «Disons que j’ai été content que la tragédie ne survienne pas! » Il a donné le meilleur relais qu’il pouvait à son frangin. « On s’entraîne très fort pour être prêt à réagir à des situations comme celles-là, a expliqué François Hamelin. Je surveillais Charles et on a fait un bon relais. »

Guillaume Bastille, qui a patiné lors de la demi-finale est également champion olympique. « Je regardais les gars, je comptais les tours et tout a marché, se réjouissait Bastille. Je pense que je vais réaliser plus tard ce qui m’arrive. On est encore dans notre petit monde olympique », a dit Bastille, qui reprendra les études au retour du séjour de Vancouver, le vrai monde pourrait-il dire.

La Corée a remporté la médaille d’argent et les États-Unis, celle de bronze.

Un 500m rocambolesque

Deux Canadiens se sont taillé une place jusqu’à la finale. Charles et François-Louis. Dès le départ, l’aîné des Hamelin a pris les devants. À mi-course, il a été dépassé par le patineur coréen Si-Bak Sung.

C’est dans le dernier virage que la course a pris une drôle de tournure. Le Coréen a chuté et fait valser Charles, tandis qu’à l’arrière l’Américain Apolo Anton Ohno a poussé Tremblay qui s’est retrouvé dans les matelas.

Charles a traversé la ligne à reculons, à peine en équilibre. Sung a glissé sur la ligne et Ohno a été disqualifié ce qui permettait à Tremblay de remporter le bronze. « C’est un peu loufoque comme fin! » a commenté Hamelin qui s’est empressé d’aller embrasser sa douce, Marianne St-Gelais une fois la victoire confirmée.
Lorsque St-Gelais avait remporté la médaille d’argent au 500m, Charles avait alors dit qu’il serait probablement plus heureux que lorsqu’il gagnerait sa propre médaille. Il avoue candidement que c’est difficile à battre ce qu’il a vécu aujourd’hui (vendredi). « Tu ne pas avoir de feeling meilleur que ça. Deux médailles d’or en 30 minutes. Tu ne peux demander plus que ça, a-t-il dit en éclatant de rire. Je pense que les deux médailles de Marianne font aussi en sorte que je suis vraiment content. Qu’elle soit montée sur le podium deux fois (au 500m et au relais) à ses premiers Jeux, pour elle c’est un beau rêve auquel elle ne croyait pas à 100 %. Maintenant que c’est réalisé, je pense qu’elle se sent comme une petite princesse. »

Quant à Tremblay, il a probablement participé à ses dernières courses olympiques et il pouvait difficilement demander plus. « Quand tu t’embarques dans une carrière olympique tu ne sais jamais si tu vas faire un, deux ou trois Jeux et tu ne sais jamais si tu vas faire l’équipe nationale l’année suivante. Là, ça me fait cinq médailles aux Jeux olympiques, je pense que je commence seulement à réaliser ce qui m’arrive. Ça fait 13 ans que je suis sur l’équipe nationale, je ne prends pas ma retraite là, on va voir ce qui va se passer dans les années à venir, mais je peux dire que j’ai une carrière très bien remplie. »

Le chant du cygne olympique d’une grande dame

Tania Vicent a aussi pris part à ses quatrièmes et derniers Jeux olympiques. C’est une dame bien émue qui a rencontré la presse. « Bon, je pleure, a-t-elle dit en essuyant ses larmes qui coulaient malgré son grand sourire. Je ne pleure pas parce que ç’a mal été, mais parce que c’est ma dernière course aux Jeux. Je trouve ça dur. Ç’a été écoeurant. J’ai eu une carrière débile. Il m’est arrivé plein d’aventures. Il m’est arrivé plein de trucs, parfois difficiles, parfois super trippants. Ç’a été une équipe fantastique, avec laquelle j’ai adoré patiner. Je vais toujours m’en souvenir. Heureusement, malheureusement, c’est la fin.

Tania Vicent, à 34 ans, a fini avec une disqualification en quart de finale. « Je ne peux pas être déçue avec tout ce qui est arrivé, les événements cette semaine, Joannie, sa mère. Moi aussi,  je sais c’est quoi perdre une mère, j’ai perdu la mienne en 2004 d’une maladie atroce qui est le cancer. Tout ça, ça fait que j’ai vécu une belle vie et maintenant, il va falloir que je passe à autre chose », a-t-elle conclu avec sagesse.

Kalyna Roberge a terminé deuxième de la finale B et cinquième au total. Outre ce résultat, l’athlète de Saint-Étienne-de-Lauzon a fini 6e au 500m et 13e à l’épreuve de 1500 mètres. «Les gens peuvent peut-être penser que j’ai eu de mauvais Jeux, mais j’en ai connu quand même de pas si pire. Quand on pense à tous les événements qui se sont passés, je trouve que ne suis pas à plaindre », a dit avec justesse la patineuse de 23 ans dont le meilleur souvenir de ces Jeux n’est pas sa médaille d’argent au relais, mais plutôt celle de sa coéquipière Marianne St-Gelais au 500m

L’autre Canadienne en lice, Jessica Gregg a fini au sixième rang.

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Rédaction par Sportcom pour Patinage de vitesse Canada

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