L’argent en attendant la bague!
Marianne St-Gelais gagne la médaille d’argent au 500m

Vancouver (Sportcom) – C’est à se demander où était caché le scénariste mercredi soir au Pacific Coliseum de Vancouver, parce qu’en terme de scénario, c’était difficile de faire mieux! Une des plus jeunes patineuses au sein de l’équipe canadienne de courte piste, Marianne St-Gelais a décroché la médaille d’argent au 500m, à ses premiers Jeux olympiques et le jour de son anniversaire de surcroît. Et dire que l’attachée média de l’équipe avait eu ce message dans son biscuit chinois : de belles surprises vous attendent aujourd’hui.  Qui dit mieux ?

Marianne St-Gelais, course après course, s’est présentée à la ligne de départ un sourire accroché aux lèvres. Charles Hamelin, membre de l’équipe, reconnaissait sa copine. « Marianne, elle est comme ça tous les jours. Elle vit comme ça. C’est une perle, je suis tellement content d’être avec elle », disait le jeune amoureux très ému par la performance de sa Marianne. « C’est l’émotion la plus grande que j’ai eue de toute ma vie. Je pense que je ne serai pas aussi content que maintenant si je gagne une médaille. »

La victoire est allée à la Chinoise Meng Wang (43,048), suivi dans l’ordre de St-Gelais (43,707), de l’Italienne Arianna Fontana (43,804)  et de l’Albertaine Jessica Gregg (44,204).

La Félicinoise, qui a eu 20 ans aujourd’hui, ne portait plus à terre. « C’est un rêve qui se réalise, c’est sûr. Quand j’ai entendu la cloche sonner pour le dernier tour, je me suis dit : c’est proche. Mais en même temps, je m’en voulais d’avoir pensé à ça parce qu’en courte piste, ce n’est jamais fini tant que ce n’est pas fini. En tout cas, c’est un beau cadeau, c’est certain.  Je suis super fière de moi. J’ai fait une belle course.»

Hamelin avait l’émotion à fleur de peau et il se demandait bien ce qui pourrait rivaliser comme cadeau avec la médaille d’argent. « Je pense que la seule chose qui pourrait égaler ça, c’est une bague! » a-t-il dit sans vouloir révéler le cadeau qui attendait Marianne. « La bague n’est pas encore achetée, mais c’est dans un futur rapproché », a-t-il tenu à ajouter.

La belle quatrième place de Jessica Gregg, 21 ans, passe un peu inaperçue dans toutes ces célébrations. « En finale, j’ai eu une légère hésitation. J’ai pu continuer à patiner, mais je n’étais juste pas assez rapide pour rattraper les filles », a expliqué avec calme l’athlète de Calgary qui en est aussi à ses premiers Jeux.

Répétition de l’histoire

La deuxième fois n’aura pas encore été la bonne pour Kalyna Roberge. La patineuse de Saint-Étienne-de-Lauzon n’a pas été en mesure de se qualifier pour la finale A, tout comme aux Jeux de Turin. Si en 2006, son absence de la grande finale s’était passée dans la controverse, cette fois, elle a été battue par meilleure qu’elle : Wang et St-Gelais. « Je me dis que ce n’était ma place de gagner une médaille, mais d’aider l’équipe, a dit Roberge entre deux sanglots. J’ai donné le meilleur de moi-même, mais ce n’était pas assez pour faire la finale. »

Roberge termine au sixième échelon. Elle a serré très fort dans ses bras sa coéquipière après la finale. « Je lui ai dit qu’elle avait fait cela comme une grande et qu’elle avait été excessivement bonne. »

Comme un couteau chaud dans le beurre

Patinant avant la finale du 500m femmes, Charles et François Hamelin ont facilement accédé à la ronde quart de finale au 1000m. Les frangins ont eu la même tactique : se placer en tête dès le départ et contrôler la course. Charles a patiné les deux mains dans le dos tout au long des neuf tours. Il a à peine ouvert la machine en fin de course et pourtant, il a signé une nouvelle marque olympique en 1:25,256 – marque qui n’a pas résisté puisque le Coréen Si-Bak Sung (1:24,245) l’a éclipsé quelques vagues plus tard. « J’ai fait une course comme je les aime. Je me suis mis en avant, hors du trouble et ç’a marché. Oui, le 1500m est très loin! » a-t-il dit en faisant référence à sa septième place sur cette distance.

François en était à son baptême olympique, mais il a bien maîtrisé sa nervosité. « Je me suis senti un peu bizarre aujourd’hui. J’étais plus stressé qu’à l’habitude, mais sur la glace, ça s’est super bien déroulé. La glace est brisée. La prochaine course va être quelque chose », a-t-il conclu avec un grand sourire.

Les rondes finales du 1000m seront disputées le 20 février.

Une finale bourrée

La finale du relais masculin sera occupée puisque cinq équipes plutôt que quatre se retrouveront en finale et le Canada sera l’un des pays représentés. Charles Hamelin, Olivier Jean (Lachenaie), François-Louis Tremblay (Montréal) et Guillaume Bastille (Rivière-du-loup) ont été encouragés à tout rompre par une foule survoltée. « On était capable de sentir l’émotion de la foule. C’était extrêmement bruyant. Je pense qu’il y avait plus de bruit ici qu’au match Canada-Norvège auquel j’ai assisté », a dit Bastille, soulagé d’avoir pu contribuer positivement à l’effort d’équipe après sa disqualification, il y a trois jours, au 1500m.

Ce soir (mercredi), Marianne et ses coéquipiers partageront une bouteille de champagne offerte par le directeur de l’équipe, Yves Hamelin. Il y aura célébration dans la belle famille du courte piste.

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