Les Canadiennes vice-championnes olympiques

Vancouver (Sportcom) – La foule scandait CA-NA-DA, CA-NA-DA à faire lever le toit du Pacific Coliseum de Vancouver. Toute cette énergie était dirigée vers l’équipe canadienne féminine de relais qui a décroché la médaille d’argent. Les Chinoises ont remporté l’or et les Américaines le bronze. Les Coréennes, premières à l’arrivée, se retrouvent en queue de peloton après avoir été disqualifiées.

La tactique canadienne était simple : rester derrière les Chinoises et les Coréennes le plus longtemps possible. L’entraîneur Sébastien Cros explique : « on sait qu’entre ces deux équipes, il y a souvent des accrochages. Au relais, il y a presque toujours des disqualifications. Alors oui, il faut être vite, faire de bons échanges, mais vous devez aussi être intelligent. » Jessica Gregg (Calgary), Kalyna Roberge (Saint-Étienne-de-Lauzon), Marianne St-Gelais (Saint-Félicien) et Tania Vicent (Laval) ont été intelligentes, mais également très rapides puisqu’elles ont battu le record canadien grâce à leur chrono de 4:09,137.  Les Chinoises ont établi une marque mondiale en 4:06,610.

La doyenne de 34 ans, Vicent, savourait cette dernière participation à un relais olympique. « Un journaliste m’a dit que j’étais la pièce chanceuse de l’équipe de relais. Je ne voulais surtout pas briser cette séquence. Nous gagnons une médaille d’argent à mes derniers Jeux olympiques, je suis enchantée. Vous savez, j’aime mon équipe, j’adore voyager. J’ai la meilleure vie. À 34 ans, mon boulot c’est de rester en forme. On ne peut en demander plus. Mais ne vous détrompez pas, il s’agit bien de mes derniers Jeux », a-t-elle dit avec son plus beau sourire.

Soulagement du côté de Kalyna Roberge. « C’est un gros stress qui vient de tomber de mes épaules », a avoué la patineuse de 23 ans qui n’a pas connu, jusqu’à présent, des Jeux à la hauteur de ses attentes. Elle a toutefois tenu à mettre cela en perspective. « Je pense qu’avec tous les événements qui sont survenus aux Jeux cette année, honnêtement, je suis très satisfaite. Quand je pense à la mère de Joannie ou au lugeur décédé, ça m’aide à affronter les obstacles plus facilement. Les Jeux, c’est une compétition parmi tant d’autres. »

Mine de rien, Marianne St-Gelais a mis la main sur sa deuxième médaille d’argent après celle remportée sur 500m. « J’étais venue pour la médaille en équipe. On a travaillé tellement fort. Le relais était vraiment important. Je suis super contente », a raconté la blondinette qui a tenu à aller chercher sa coéquipière Valérie Maltais pour qu’elle fasse un tour d’honneur avec elle. Maltais n’a pas pris part au relais.

Les hommes brûlent la piste

Les trois Québécois inscrits au 500m se sont qualifiés pour la ronde suivante. Charles Hamelin et François-Louis Tremblay ont remporté leur vague, tandis qu’Olivier Jean a terminé deuxième derrière l’Américain Apolo Anton Ohno.

On aurait dit de Charles Hamelin, s’il avait été un joueur de hockey, qu’il voulait manger les bandes ce soir. Il a réussi un record olympique sur la distance, mais il n’a pas perduré longtemps parce que son coéquipier François-Louis Tremblay le lui a ravi deux vagues plus tard. Tremblay a négocié la distance en 41,397 secondes. « Je me sens fort, a commenté l’athlète montréalais. Je me sens suffisamment bien pour penser faire la finale et remporter une médaille. Je viserai l’or », a indiqué Tremblay, médaillé d’argent au 500m aux Jeux de Turin en 2006.

François-Louis Tremblay s’est dit impressionné par la performance de son amie Joannie Rochette la veille. « Joannie est une fille très forte dans la vie. Sa performance m’a impressionné, mais pas surpris. Je m’attendais à cela d’elle. Il n’y a pas de défi assez grand pour Joannie. »

En avant toutes

Au 1000m féminin, les trois prétendantes canadiennes se sont qualifiées pour la ronde quart de finale. Si Roberge et Gregg n’ont jamais été inquiétées, le sort de Vicent a reposé entre les mains des officiels. Bousculée par une patineuse néerlandaise à trois tours de la fin, Vicent a été déportée vers l’extérieur et a perdu toute sa vitesse. « S’ils ne l’avaient pas vu, j’aurais été fâchée, mais il me semble que c’était assez évident », a-t-elle dit avec justesse. « Je me suis fait bardasser au moins deux fois dans cette course-là. Heureusement, ils l’ont vu. » Vicent a remporté la finale B au 100m aux Jeux olympiques de Turin.

Les rondes finales seront présentées vendredi 26 février, dernier jour de compétition en patinage de vitesse courte piste.

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Rédigée pour Patinage de vitesse Canada par Sportcom