Keri Morrison prend sa retraite du patinage de vitesse compétitif

L’athlète de Burlington, en Ontario, a fini 4e et 12e à ses débuts olympiques à PyeongChang

CALGARY, ALBERTA – La patineuse de vitesse et membre de longue date de l’équipe nationale Keri Morrison, qui a représenté le Canada autant en courte piste qu’en longue piste, a officiellement pris sa retraite du patinage de vitesse compétitif.

« Ma décision n’a pas été facile à prendre, mais je sentais que c’était le moment de relever des défis dans un nouveau domaine, a écrit Morrison dans une lettre émouvante où elle annonce sa retraite. Si je trouvais qu’il était difficile de quitter ce sport, c’est surtout en raison des amitiés et de la camaraderie que j’y ai retrouvé au fil des ans. »

Morrison, qui a 28 ans, a commencé à pratiquer le patinage de vitesse à l’âge de 3 ans. Elle suivait alors les traces de son frère aîné et de ses cousins, qui ont tous commencé à enfiler les patins à peu près au même moment.

Elle a concouru à l’échelle nationale et internationale en courte piste de 2007 à 2015, mais est passée au longue piste en vue de la saison 2015-16 dans l’espoir de raviver sa passion pour ce sport.

Cette décision a porté ses fruits pour l’athlète originaire de Burlington, en Ontario, alors qu’elle s’est qualifiée pour une place au sein de l’équipe canadienne olympique moins de trois ans après avoir fait le passage d’une discipline à l’autre. 

À ses débuts olympiques à PyeongChang 2018, Morrison a pris part à la poursuite par équipes chez les femmes qui a vu le Canada terminer quatrième, et elle a été la meilleure Canadienne au départ en groupe, terminant au 12e rang.

Elle a par ailleurs disputé six étapes de la Coupe du monde sur longue piste en l’espace de deux ans, aidant alors le Canada à remporter deux médailles en poursuite par équipes chez les femmes l’hiver dernier, soit l’argent à Tomakomai, au Japon, et le bronze à Tomaszow Mazoviecki, en Pologne.

« Ç’a été formidable de travailler avec Keri et elle a joué un rôle important quand elle a aidé le Canada à se classer au troisième rang du classement de la Coupe du monde en poursuite par équipes féminine cette saison, a déclaré l’entraîneur de l’équipe nationale canadienne Remmelt Eldering. Durant la courte période pendant laquelle j’ai travaillé avec elle, elle a affiché un bel esprit d’analyse, donc je suis certain que sa décision de prendre sa retraite et de se lancer dans une nouvelle carrière a été bien réfléchie. Je lui souhaite la meilleure des chances dans ses futures entreprises. »

Morrison a aussi connu sa part de succès en courte piste.

Elle a représenté l’Ontario aux Jeux d’hiver du Canada en 2007 et 2011, remportant alors une médaille de bronze en tant que membre de l’équipe féminine du relais en 2011 à Halifax

En 2010, elle a fait ses débuts à l’échelle internationale avec le Canada aux Championnats du monde juniors sur courte piste à Taipei, obtenant le bronze au relais féminin 3000m. Elle a également pris part aux Universiades d’hiver en 2013 et 2015, mettant la main sur le bronze au relais et ratant tout juste le podium en terminant quatrième au 1500m en 2015 à Grenade, en Espagne.

« J’ai eu la chance au fil de ma carrière de réaliser plusieurs des objectifs que j’avais établis. Ces deux dernières années, j’ai coché plusieurs des objectifs que j’avais sur ma liste – concourir à la Coupe du monde, remporter une médaille de la Coupe du monde et aller aux Jeux olympiques – et je me sentais prête à poursuivre de nouveaux objectifs de vie », a ajouté Morrison, qui cherchera maintenant à faire carrière dans les soins infirmiers.

La lettre complète où Morrison annonce sa retraite se trouve ci-dessous.

Ma retraite, par Keri Morrison

Ma décision n’a pas été facile à prendre, mais je sentais que c’était le moment de relever des défis dans un nouveau domaine. J’ai eu la chance au fil de ma carrière de réaliser plusieurs des objectifs que j’avais établis. Ces deux dernières années, j’ai coché plusieurs des objectifs que j’avais sur ma liste – concourir à la Coupe du monde, remporter une médaille de la Coupe du monde et aller aux Jeux olympiques – et je me sentais prête à poursuivre de nouveaux objectifs de vie. J’ai récemment suivi les quelques cours dont j’avais besoin pour m’inscrire à des études en soins infirmiers et je suis fébrile à l’idée de vivre ce que le prochain chapitre de ma vie va m’apporter.

Si je trouvais qu’il était difficile de quitter ce sport, c’est surtout en raison des amitiés et de la camaraderie que j’y ai retrouvé au fil des ans. Le patinage de vitesse est un sport d’équipe individuel. Bien que je disputais mes courses sur le plan individuel, mes coéquipières et coéquipiers ont joué un rôle très important dans mes succès et j’étais fière des succès obtenus par les autres membres de l’équipe. J’adore la symbiose qu’il y a entre les gens en patinage de vitesse; cette sensation de se pousser les uns les autres à aller plus loin, de rivaliser les uns contre les autres, de s’inspirer les uns les autres. En aidant les personnes de mon entourage à devenir meilleures, je suis devenue meilleure. J’ai eu la chance de m’entraîner avec des gens incroyables qui continueront de me pousser et de me mettre au défi dans d’autres sphères de ma vie, alors merci à toutes mes partenaires d’entraînement des dernières années. Je suis surtout reconnaissante d’avoir pu tisser des liens d’amitié avec vous.

À tout le personnel de soutien qui a permis à mon corps de continuer d’avancer en un seul morceau et rendu l’entraînement et le voyagement aussi amusant, merci. À tous les entraîneurs qui ont su tirer le meilleur de moi au fils des ans, merci. En particulier, Ernie Overland (qui continue d’appeler pour jaser et prendre de mes nouvelles), Al McIlveen (qui m’a amenée dans le programme sur courte piste à Calgary et m’a toujours fourni un soutien formidable émotivement), Jon Cavar (qui m’a aidée à passer au travers d’innombrables blessures afin que je puisse être retenue dans l’équipe nationale sur courte piste),Maggie (Mengyao) Qi (qui m’a amenée à un autre niveau techniquement afin de faire de moi une meilleure patineuse), Xiuli Wang (qui a été la meilleure entraîneure que j’aurais pu souhaiter avoir durant ma phase de transition du courte piste au longue piste), Marcel Lacroix (qui a toujours dit que notre équipe pouvait être quelque chose de formidable et nous a amenées jusqu’aux Jeux olympiques) et Remmelt Eldering (qui m’a permis d’avoir tellement de plaisir à ma dernière saison).

J’aimerais aussi remercier ma famille, qui m’a toujours soutenue. Je n’avais pas un club auquel j’étais affiliée à Burlington, en Ontario, alors j’ai toujours dû me déplacer pour m’entraîner dans les clubs environnants. Je suis reconnaissante d’avoir des parents qui étaient disposés à m’amener dans les meilleurs clubs disponibles pour que je puisse m’entraîner trois fois par semaine, sans oublier toutes les compétitions de patinage qui avaient lieu un peu partout en Ontario et au Canada. Sans le dévouement de mes parents et leur soutien sans faille, je n’aurais pas connu une aussi belle carrière. Merci aussi à ma famille, qui m’ont toujours encouragée à continuer et m’ont convaincue que je pouvais réaliser de grandes choses.

En dernier lieu, j’aimerais remercier mon conjoint, Stefan Waples, qui m’a offert un soutien incroyable ces dernières années. Il a toujours cru à mon passage au longue piste, même quand je connaissais des difficultés, et il a voyagé partout dans le monde pour me soutenir en tant que partisan aux Jeux olympiques, même après avoir lui-même pris du recul de son sport comme athlète.

 - Keri Morrison