Le May Doan choisie l'athlète féminine de l'année

Le Canada avait placé ses espoirs en elle et elle a rempli ses engagements en décrochant une médaille d'or olympique.

C'est sa capacité à réaliser une grande performance sous la pression qui a fait de la patineuse de vitesse Catriona Le May Doan une championne en 2002 et lui a permis de mériter le trophée Bobbie Rosenfeld décerné à l'athlète canadienne féminine de l'année.

Le trophée est ainsi nommé en mémoire de Bobbie Rosenfeld, une athlète qui a brillé dans plusieurs sports et choisie l'athlète par excellence de la Presse Canadienne pour la première moitié du 20e siècle.

C'est la deuxième année d'affilée — et la troisième fois depuis 1998 — que Le May Doan obtient cet honneur. La détentrice du record du monde sur 500 mètres a reçu 48 des 111 votes de première place et elle a totalisé 207 points lors d'un scrutin mené auprès des directeurs des sections sportives des journaux membres de La Presse Canadienne et de NTR.

«Je suis très heureuse et vraiment honorée, a confié l'athlète originaire de Saskatoon qui réside et s'entraîne désormais à Calgary.

«De ces trophées, et j'en ai quelques-uns, les gens me demandent si je ne suis pas tannée d'en recevoir et je leur réponds, non. C'est la meilleure façon de terminer l'année.»

La hockeyeuse Hayley Wickenheiser a terminé deuxième au scrutin avec 199 points, devant la fondeuse Beckie Scott (115), la joueuse de soccer Christine Sinclair (64) et la patineuse de vitesse/cycliste Clara Hughes (63).

Jeudi, le joueur vedette Steve Nash des Mavericks de Dallas de la NBA a remporté le trophée Lionel Conacher décerné à l'athlète canadien masculin de l'année.

Le May Doan a imposé sa domination sur le patinage de vitesse longue piste en 2002.

À Salt Lake City au mois de février, elle a mérité la médaille d'or au 500 mètres, devenant la première athlète canadienne à défendre avec succès un titre olympique individuel. Elle avait gagné la même épreuve quatre ans plus tôt à Nagano, au Japon.

Elle a également été proclamée championne du monde de sprint et championne du monde de la distance du 500 mètres. Sa séquence de 20 victoires sur 500 mètres a pris fin lorsqu'elle s'est classée deuxième lors d'une finale de la Coupe du monde au cours de la saison 2002.

Le May Doan a sans doute disputé sa course la plus difficile en carrière lorsqu'elle a gagné sa médaille d'or olympique. Elle était nerveuse et mécontente après avoir offert une performance qu'elle jugeait insatisfaisante en 37,30 secondes lors de la première manche de cette épreuve disputée sur deux jours, même s'il s'agissait d'un record des jeux.

Elle savait aussi que la frustration prévalait au pays à la suite de la controverse entourant les patineurs artistiques Jamie Salé et David Pelletier et par les performances décevantes de quelques autres athlètes. On misait donc sur elle pour rafler la première médaille d'or du Canada à ces jeux.

«J'étais stressée, mécontente de moi et nerveuse, a poursuivi Le May Doan, qui a porté le drapeau du Canada lors de la cérémonie d'ouverture.

«À la fin de la course, j'ai ressenti un véritable soulagement. C'est après coup que j'ai vraiment réalisé. J'ai pris conscience que tout le monde comptait sur moi.»

Elle a célébré avec un baiser de la victoire de son conjoint Bart, qui lui a mis son chapeau de cowboy noir sur la tête.