Patinage de vitesse longue piste – Saison 2003-2004

Le coup d’envoi de la saison de patinage de vitesse longue piste sera donné le week-end prochain, à Hamar (Norvège), sur l’anneau de glace qui avait permis au favori local, le quintuple médaillé olympique Johan Olav Koss, d’être propulsé au rang de héros national lors des Jeux de Lillehammer, il y a bientôt 10 ans.

Des dix athlètes canadiens présents à cette première étape du circuit mondial, le Québec pourra compter sur deux représentants : Clara Hugues (3000 m et 5000 m), ainsi que Philippe Marois (1500 m). L’entraîneur du centre national Gaétan-Boucher de Ste-Foy, Gregor Jelonek, fera lui aussi partie du contingent canadien.

Pour ce qui est des sprinters, ces derniers amorceront leur saison le 5 décembre, à Calgary. Éric Brisson, qui en est à sa huitième année au sein de l’équipe nationale, est le seul Québécois chez les spécialistes du 500 m et du 1000 m.


Fini le vélo

Ayant décidé d’accrocher son vélo pour de bon afin de mieux se concentrer sur sa nouvelle passion, Hughes soutient qu’elle pourrait difficilement être plus comblée : « Je suis exactement où je veux être et je vis mon rêve. C’est excitant ! » avance le porte-drapeau de l’équipe canadienne à la cérémonie de fermeture des derniers Jeux panaméricains.

« Ne pratiquer qu’un seul sport, ça rend les choses beaucoup plus faciles. Je savais que si je ne patinais pas cet hiver (afin de se concentrer sur les Jeux d’Athènes), je prenais un risque pour les Jeux de Turin. J’aurais été pénalisée sur le plan technique et j’aurais pris du retard si j’avais continué à pratiquer les deux sports. Maintenant, je sais que je peux progresser. »



Objectif : Séoul

Même si elle pourra dorénavant mettre ses énergies sur une seule discipline, la résidante de Glen Sutton ne s’attend pas à connaître ses meilleures performances en début de saison, elle qui se remet d’une blessure au dos survenue le printemps dernier.

« Mon début de saison sera probablement lent et à cause de la blessure qui m’a fait perdre environ un mois et demi d’entraînement. Ça fait une grande différence dans ma préparation de base que j’ai pu faire jusqu’à maintenant, mais ce n’est pas bien grave car mon corps est encore fatigué des trois dernières années. Cette année, mon objectif sera d’être au meilleur de ma forme à Séoul, en mars prochain, pour les championnats du monde par distances individuelles. D’ici là, les bons résultats seront un bonus car je dois me donner du temps pour être à mon meilleur. Je ne m’en fais pas car les entraînements vont bien. »

La triple médaillée olympique (deux fois en cyclisme et une fois en patinage de vitesse) fera face à de redoutables adversaires, surtout du côté des Néerlandaises et des Allemandes, Gunda Niemann en tête, elle qui sera de retour sur les anneaux de glace après un congé de maternité.

« Ce sera une saison difficile. Plusieurs filles n’ont pu patiner l’an dernier parce qu’elles étaient blessées et elles seront de retour en force cette saison. »

L’esprit d’équipe des patineurs canadiens a été mis à rude épreuve, la semaine dernière, lorsque Cindy Klassen, médaillée de bronze du 3000 m aux Jeux de Salt Lake City, a été sévèrement coupée au bras droit durant un entraînement.

« Tout le monde est allé la voir lors de son séjour à l’hôpital. C’est dommage qu’elle ne puisse pas être du voyage en Europe, mais ce n’est pas la fin du monde. Ça donnera peut-être la chance à d’autres patineurs de faire preuve de caractère », a commenté Hughes à propos de sa coéquipière qui pourrait être de retour en piste en décembre ou janvier prochain.



Leader à sa façon

Doyenne en âge (31 ans) mais presque recrue au sein de l’équipe nationale, Hughes se fait un devoir de partager son bagage sportif à ses partenaires d’entraînement.

« Je continue d’apprendre de mes coéquipiers tous les jours et de mon côté, je peux apporter une perspective différente », révèle celle qui poursuit ses études en en arts à l’Université de Calgary et qui en plus, est capable de trouver du temps pour suivre des cours afin de parfaire son français. « Je suis plus âgée que la moyenne, alors j’ai un style de vie différent. Je pense avoir fait la preuve qu’on peut être une athlète de haut niveau et mener une belle vie sans être unidimensionnel et tout consacrer au sport. »

Ce partage d’expériences de ses nombreuses années dans le sport de haut niveau, ses coéquipiers le lui rendent bien. « Nous savons que si nous n’étions pas tous ensembles, nous ne pourrions pas être aussi forts. Quand on se pousse à fond, il est normal que tout le monde connaisse une mauvaise journée et c’est à ce moment que nous pouvons nous entraider. On se respecte mutuellement et on se fait confiance alors ça devient agréable d’aller s’entraîner », a conclu la détentrice du record canadien au 5000 m.